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mardi, mars 25, 2008

Parenthèse : la décroissance expliquée à mon voisin Jack

C'est nouveau et ça vient de sortir... et bien non !
La décroissance, l'a-croissance ou la simplicité volontaire, c'est presque aussi vieux que Mai 68. Enfant improbable des rapports du Club de Rome et des thèses de Nicholas Georgescu-Roegen, cette merveilleuse machine de guerre, ô combien pacifiste, contre notre modèle de croissance infinie percole petit à petit dans toutes les strates de notre société.

Un très bel article ici, de beaux débats par là.
En résumé, quels sont les 12 commandements pour une sobriété dans la joie de vivre ?

Se libérer le plus possible de...
  • la télévision
  • l'automobile et de l'avion
  • la grande distribution
  • ... et du GSM
Restreindre sa consommation en...
  • énergies fossiles
  • viande
  • eau
  • ... et en espace à bâtir
S'ouvrir davantage
  • à la consommation locale
  • à la politique
  • au développement personnel
  • à la cohérence et à la vision systémique

Tu noteras que tous les phénomènes de consommation dénoncés ici ont moins de 50 ans et que même le très austère Bureau du Plan recommande à l'horizon 2050 (notamment) de préférer le bio et de réduire sa part de viande...

Bref, il y a du pain (biodynamique) sur la planche (en bois FSC)... Stéphane

samedi, avril 07, 2007

Parenthèse : Ultra Moderne Saulitude


Fais pas de bruit quand tu rentres
Referme la porte derrière toi
Essaie de pas t'faire entendre
Comme un fantôme en d'ssous de ces draps
Et fais comme si t'étais pas là.

Près de toi, y a mon bras qui tremble,
Des chats qui traînent dans l'fond de ma voix
mais malgré tout il me semble
Que t'as mis la main sur moi
Et j'aime tellement quand tu fais ça

Je regarde par la fenêtre
Toutes les étoiles à l'envers
Et je me dis que peut-être
Sur l'une d'elle y a un coin vert
Un endroit pour oublier
C'qu'on doit faire et l'heure qu'il est
Ce que l'on doit être
Ce que l'on doit être bien là-bas
A faire comme si on n'était pas là

Cette histoire c'est juste la nôtre
On n'est pas comme ces milliers d'gens
On a beau critiquer les autres
On n'en vaut pas mieux pour autant
Si j'éveille ton impatience
Faut qu'tu fasses preuve d'indulgence
J'essaie de trouver l'temps

En attendant que j'sois près d'toi
Fais comme si j'étais déjà là
Et surtout n'éteins pas
Parc'que je cours
Je cours je cours
Pour être auprès de toi.

(Saule - Tu dors - 2005)

samedi, mars 31, 2007

Parenthèse : bientôt à 10 km de la mer !



Bref, même si on perçoit bien tous les avantages balnéaires de cette situation,
allez signer sur le pacte écologique belge !
Image tirée du Soir qui se lève pour aller à la plage.
Steph

lundi, janvier 22, 2007

Parenthèse : 1954 - 2007


Mes amis, au secours...

Une femme vient de mourir gelée, cette nuit à trois heures, sur le trottoir du boulevard Sébastopol, serrant sur elle le papier par lequel, avant hier, on l'avait expulsée...

Chaque nuit, ils sont plus de 2 000 recroquevillés sous le gel, sans toit, sans pain, plus d'un presque nu. Devant l'horreur, les cités d'urgence, ce n'est même plus assez urgent !

Ecoutez-moi : en trois heures, deux premiers centres de dépannage viennent de se créer : l'un sous la tente au pied du Panthéon, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève ; l'autre à Courbevoie. Ils regorgent déjà, il faut en ouvrir partout. Il faut que ce soir même, dans toutes les villes de France, dans chaque quartier de Paris, des pancartes s'accrochent sous une lumière dans la nuit, à la porte de lieux où il y ait couvertures, paille, soupe, et où l'on lise sous ce titre "Centre fraternel de dépannage", ces simples mots : "Toi qui souffres, qui que tu sois, entre, dors, mange, reprend espoir, ici on t'aime."

(...)

(sur les ondes de Radio Luxembourg, le 1er février 1954)

mercredi, novembre 29, 2006

Parenthèse : Les Schtroumphs et le Cracoucass



Tout le monde l'a dit, c'était évident, ça se voyait comme un gros nez au milieu d'une petite figure, comme un vilain point noir sur une jolie peau : l'affaire VW a donné l'exemple ultime que la politique ne sert plus à rien, que ce qui conditionne nos vies et celles de nos enfants, c'est l'économie. C'est des graphiques et des simulations, celles des plus-values et des actionnaires où le cynisme a un fauteuil d'empereur et où la morale fait la vaisselle. Bien ou mal, peu importe, c'est comme ça, on ne va pas juger, d'autres l'ont déjà fait, il y en a qui aiment, d'autres pas, il y en a qui s'en fichent et d'autres qui ne savent pas... En tout cas, comme à chaque fois, la classe politique tout entière regarde le sol, un peu gênée de nous avoir fait croire que l'un incarnait l'espoir, l'autre le changement et le troisième l'avenir alors qu'ils n'étaient qu'un trio de Schtroumpfs bien démunis devant le Cracoucass.

Où va-t-on alors, coincé entre l'appétit des cost-killers, le spectre de la Bourse, l'aveuglement des fonds de pensions, les perversions de l'outsourcing, les secrets de l'offshoring et l'horreur des zones franches de non-droit ? Serait-ce la fin de l'Europe ? A voir les expressions des ex-travailleurs de Forest, battant le pavé sous la pluie, on ne peut que se dire que tout cela ressemble à une certaine forme de déclin.

Après tout, ce n'est que justice, il faut bien se dire que la roue tourne, que le tiers-monde d'hier a bien le droit à son pain blanc et que cela ne nous ferait peut-être pas de mal de goûter au pain noir. Mais... sommes-nous prêts ?

Des hordes de célibataires thaïlandais venant par charters entiers tenter l'aventure d'un sex-tour à Knokke-le-Zoute, de célèbres chanteuses indonésiennes venant acheter un charmant petit Wallon dont le papa ne pourrait pas s'occuper, nos enfants travaillant vingt heures par jour dans des ateliers de confection pour des chaussures qui seront portées par des jeunes ados chinois et... certains d'entre nous tentant l'impossible voyage vers ce monde de lointaine prospérité, passeurs, faux papiers, vivre à Shanghai sans papiers, accepter les petits boulots, l'exploitation encore, envoyer sa paye en Belgique pour y faire vivre sa famille, se faire arrêter, passer une interview en essayant de démontrer qu'il n'y a pas de grande différence entre un réfugié politique et un réfugié économique, se faire rapatrier, menottes aux mains, coussin sur la figure et entendre chaque jour aux informations le nombre de Belges retrouvés morts, jetés par-dessus bord, par un équipage effrayé avant un contrôle.

Je ne crois pas qu'on soit prêt. Je ne crois pas que quiconque soit fait pour vivre comme ça.

Mais il paraît qu'on s'habitue à tout.

Thomas Gunzig
in Le Soir (29/11/06)
Titre original : On efface tout et on recommence